Magazine Ma-Naissance
La fausse couche ou la bulle éphémère
Publié le 2008-01-02 par Caroline Dancourt
L’avortement spontané plus communément appelé fausse couche est un des événements les plus traumatisants d’une grossesse. Si la plupart du temps, il s’agit d’un accident isolé et qui ne risque pas de se répéter, la maman se sent pourtant envahie d’une culpabilité énorme et d’une souffrance qu’il ne faut pas négliger.
Une fausse couche qui survient dans les 3 premiers mois de la grossesse correspond souvent à une élimination naturelle. Un peu comme si le corps de la maman reconnaissait une anomalie de l’embryon et décidait de l’expulser. On pourrait alors considérer qu’il s’agit « d’une chance » du destin ? Mais à dire vrai, pour celles qui vivent cette douloureuse expérience, il y a un véritable décalage entre la banalité du fait médical (une fausse couche en début de grossesse est très fréquente) et la dimension tragique de l’événement pour la mère.
Certes, il ne s’agit que d’embryon, qu’à ce stade de la grossesse, on ne peut parler de fœtus. Mais pour une femme, dès lors qu’elle est enceinte, elle se sent déjà maman et le haricot qu’elle porte en elle, est déjà le bébé qu’elle va aimer. Alors aucun argument rationnel ne saurait parer au désespoir qu’elle ressent au plus profond de sa chair. Il est donc indispensable de l’écouter sans forcément parler, de l’entourer de tendresse.
Si la fausse couche se déclare au-delà de trois mois, il peut s’agir d’un problème physique chez la maman (attention ça reste une hypothèse). Mais cela peut aussi être dû à un problème de malformation chez le bébé ou une mauvaise position du placenta. Quoiqu’il en soit, il ne sert à rien de s’alarmer outre mesure. Si vous faites une fausse couche, il n’y a aucune raison pour que ça ne fonctionne pas la fois d’après. Ce n’est qu’au bout de 3 fausses couches successives que le médecin recherche l’origine de cet avortement spontané.
Quels sont les signes d’une fausse couche ?
Le premier, et le plus habituel, est l’apparition de saignements. Attention pas de petites pertes sanguines (même si vous devez toujours le signaler à votre gynécologue) mais une avalanche sanguine accompagnée de caillots est le signal d’alerte fréquent pour une fausse couche.
A l’inverse, c’est la disparition des signes de la grossesse qui peut aussi alarmer : le taux beta HCG qui n’augmente plus, les seins qui reprennent leur taille précédente, la disparition des nausées…
Que faire en cas de fausse couche ?
Vous alertez immédiatement votre médecin. Ne restez en aucun cas sans surveillance, cela peut être très dangereux pour vous. Selon le terme de votre grossesse, vous subirez peut être un curetage.
Et après ?
Il est certain que vivre une fausse couche aujourd’hui est beaucoup plus pénible qu’autrefois. Avec les nouvelles techniques, les échographies précoces, les femmes enregistrent les images de la vie qu’elles portent en elle. C’est pour cela qu’on ne peut parler que de deuil et non pas d’un simple accident de parcours. Souvent l’entourage a du mal à être à la hauteur des attentes de la mère. Mais la seule chose qui convient de faire c’est reconnaître la tristesse de la maman et prononcer des phrases empathiques pour la soutenir.
D’un point de vue médical, rien ne s’oppose à refaire un bébé rapidement mais le gynécologue conseille d’attendre un laps de temps pour permettre à la muqueuse utérine de se reconstruire parfaitement.
Le plus difficile reste à se refaire confiance, à se dire qu’on pourra mener une grossesse à terme sans anxiété.
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